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À l’occasion de son cycle de conférences « les mardis de Lure », les Rencontres de Lure proposent une nouvelle soirée avec deux présentations, sur le thème «La forme (typographique) d’une ville», le mardi 14 mars 2017.

« La forme d’une ville, on le sait, change plus vite que le cœur d’un mortel ». Julien Gracq, se souvenant de Baudelaire dans « La forme d’une ville », n’imaginait pas encore tout à fait les palpitations de notre paysage urbain actuel. Tout à une psychogéographie personnelle, il n’envisageait pas une écriture de la ville remodelée par la typographie — l’architecture s’ouvrant à ces nouveaux signes, ses figures inédites empruntant largement à cette nouvelle geste.
Tout à tour Jack Usine et Ruedi Baur nous entraîneront dans ces nouvelles explorations .

Ancien graffeur, Jack Usine entretient un rapport direct avec la ville et ses mots dont il s’inspire dans son travail de dessinateur en lettres tout-terrain. Passionné par les écritures artisanales il poursuit un travail de collecte photographique entamé en 2004 (cf. Jules Vernacular). Pour les mardis de Lure, il présentera son travail et ses recherches en lien avec la ville et ses signes.

En partant des diverses fonctions de l’écrit dans la ville se verra analysée la manière dont la ville nous interpelle, nous avertit, nous interdit, nous guide, nous oriente, nous informe, nous rappelle, nous distrait et nous cultive, permet l’expression enfin suggère le partage. Cette typologie sera illustrée par un certain nombre de projets réalisés par les ateliers Intégral Ruedi Baur de Paris et Zurich, mais également par des installations urbaines de Civic city. Ces exemples permettront de passer de la notion d’inscription à celle du « jardinage des signes dans l’espace public » et donc de la considération de l’espace typographique.

Né en 1981 Jack Usine vit et travaille à Castillon-la-Bataille. Graphiste-plasticien indépendant, diplômé de l’école des Beaux-arts de Bordeaux, il crée dès 2002 SMeltery, une fonderie typographique via laquelle il diffuse des créations colorées et engagées, au bon goût vernaculaire. Cofondateur de GUsto & Sainte-Machine (2005†2016), il poursuit aujourd’hui l’aventure avec la cellule de création graphique Bon Pour 1 Tour qu’il dirige avec Fanny Garcia depuis 2016. Sa production alterne entre art et artisanat, chose peinte et imprimée, travaux de commande et auto-édition.

Depuis les années 80, Ruedi Baur pense son activité de designer dans le contexte de l’espace public. Revendiquant un design interdisciplinaire et civique, il intervient sur des problématiques liées à l’identification, à l’orientation, à la scénographie et au design urbain comme à la représentation d’institutions, d’espaces urbains et de territoires politiques. Ruedi Baur enseigne et développe des programmes de recherches à la HEAD de Genève, à l’ENSAD Paris et l’Université de Strasbourg où il a soutenu sa thèse en 2016 « Entre Identité et identification, les valeurs civiques des systèmes de représentation territoriaux ». Il dirige les ateliers, Intégral Ruedi Baur, Paris et Zurich, l’atelier de recherches appliquées Laboratoire Irb. 
www : ruedi-baur.eu, integral-ruedi-baur.eu.

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