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BDM Design exemples

Si dans le champ du design graphique nous avons l’habitude de consom­mer et conce­voir la lettre à travers la typogra­phie numérique, d’autres approches moins conven­tion­nelles existent qui permettent de diver­si­fier la création, comme le lettrage fait main. Certains en ont fait leur technique de prédi­lec­tion, comme le studio BMD Design, officiant à Bordeaux et travaillant à l’aide d’outils analo­giques; rotring, pinceaux et cutters y rivalisent de virtuo­sité pour repro­duire le feeling parti­cu­lier du verna­cu­laire, du vintage et du handmade. Présen­ta­tion.

Peux-tu retra­cer ton parcours en terme de graphisme? Qu’est-ce qui t’a amené au lettrage à la main?
Mon parcours : c’est une école d’art graphique à Jolimont Toulouse (fin 1990); il n’y avait pas d’ordinateur, j’ai appris à dessi­ner des typos, à faire des maquettes sur planche à dessin et la typogra­phie au plomb (métier de l’imprimerie). Ensuite je suis passé par une agence de pub toulou­saine et j’ai eu mon premier contact avec un Mac en 1992. En 1997 direc­tion Hosse­gor en tant que graphic art manager chez Ripcurl Europe. En 2001 je laisse la marque austra­lienne et lance BMD Design. En fait, je n’ai jamais vraiment cessé de faire du fait main, c’est ma forma­tion. C’est un retour aux sources.

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Comment travailles-tu en termes de techniques et d’outils? Comment appré­hendes-tu le dessin de la lettre?
J’ai plusieurs techniques. La typo dessi­née direc­te­ment sans contour ni gabarit princi­pa­le­ment dans les créations «object-lette­ring» (c-à-d textes dans une forme). J’utilise une technique à ligne, je fais des lignes gabarit (arron­dis, courbes, etc.) et je dessine les lettres en suivant ces tracés. J’utilise la technique des contours dessi­nés pour les typos complexes. Ma technique favorite, c’est la typo direct (object-lette­ring).

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Trouves-tu plutôt l’inspiration dans une pratique quoti­dienne, la typo verna­cu­laire ou dans un registre parti­cu­lier, auprès d’une école, d’un genre?
Non, pas d’école en parti­cu­lier, mais je trouve beaucoup d’inspiration dans les inscrip­tions, signa­tures et marques des céramiques (faïence, porce­laine).

Pourquoi revenir au fait main aujourd’hui? Quelle est sa valeur et son intérêt dans un monde numérique?
J’utilise une technique manuelle pour son authen­ti­cité et son côté artisa­nale. L’intérêt est d’humaniser la lettre, de lui appor­ter une âme, elle vibre naturel­le­ment. Le numérique est sympa, mais beaucoup plus froid, carré, net et précis.

Qu’est-ce qui t’attires parti­cu­liè­re­ment dans l’usage de la lettre pour les travaux que tu fais?
J’aime quand la lettre devient un dessin, une peinture, une histoire, j’aime quand elle sort de son contexte stric­te­ment typogra­phique.

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Site: http://bmddesign.fr/

Insta­gram: http://instagram.com/bmddesign#

Images: BMD Design® Tous droits de repro­duc­tion et de repré­sen­ta­tion réser­vés©

5 commentaires

  • David says:

    C’est qui…qui pompe qui ?
    http://joncontino.com/

  • Martin L says:

    On retrouve plusieurs personnes qui ont le même styles et les mêmes inspi­ra­tions dans ce style, je ne pense pas spécia­le­ment qu’il » pompe «.
    La qualité est quand même au rendez-vous !

  • Absolu­ment, il y a une belle scène «Hand-lette­ring», cette façon de travailler (compa­rable à la musique classique ou l’impressionnisme) est un «style», le fait main n’est pas l’exclusivité d’une seule personne, Monet n’a pas pompé Manet et Beetho­ven n’a pas pompé Mozart. A l’origine les camées figura­tives «figural cameos» des années 30 ou encore les marques et signa­tures de la faïence, les calli­grammes et les vieilles archives. La marque Mister Freedom du français Chris­tophe Loiron a énormé­ment inspiré CXXVI Clothing Co. et Contino (qui malheu­reu­se­ment se veut précur­seur … à tort). On peut égale­ment signa­ler dans ce style le français «Tweed Style», l’américain «Nathan Yoder» et l’italien «Danny Mancini». Très en vogue aux USA est encore mal connu en Europe, le hand-lette­ring évolue de jour en jour. Person­nel­le­ment j’adore, cela nous change des créations froides et déjà vue.

  • LAURENT says:

    Bonjour,

    J’aimerais savoir comment tu fais, une fois que tu as tracé ta compo­si­tion à la main, pour la retrans­crire sur ordina­teur ? Tu retraces tout sur illus­tra­tor ?

  • JBM says:

    Bonjour Laurent, d’après mon échange avec Bruno, il scanne on ne peut plus classi­que­ment et corrige éventuel­le­ment sous Photo­shop. (C’est juste­ment l’idée d’éviter le vecto­riel. :-)

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