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C’est officiel: FontYou cessera ses opéra­tions à la fin du mois de mars. Une mauvaise nouvelle dans le milieu de la typo française. En effet, malgré des inves­tis­se­ments signi­fi­ca­tifs, une équipe étoffée et une produc­ti­vité impres­sion­nante, l’épopée FontYou doit s’arrêter. Un rappel assez rude pour qui pensait que de nouvelles fonde­ries ne cessaient d’apparaître, sans imagi­ner qu’elles puissent aussi dispa­raître.

D’un point de vue écono­mique, qu’en déduire pour le marché français de la typo? Sans doute que celui-ci est encore loin d’avoir atteint une maturité suffi­sante pour générer le volume de ventes néces­saires qui aurait soutenu l’activité d’une struc­ture relati­ve­ment lourde. Malgré une réorien­ta­tion du modèle initial (fonde­rie «colla­bo­ra­tive») vers un modèle B2B (fournis­seur de typo pour les grands comptes), puis vers un modèle de SAAS (distri­bu­teur en ligne et logiciel de gestion de fontes), cela n’a pas pris. Dommage, on aurait espéré que la très (trop?) grande variété du catalogue aurait pu permettre aux utili­sa­teurs de recon­naître dans FontYou un one-stop-shop. Ceux-ci n’auront donc pas suivi. Il semble encore diffi­cile dans notre hexagone de faire recon­naître la néces­sité et la valeur, artis­tique comme finan­cière, des acteurs-actifs de la typo, et de faire bourse délier pour quelques dizaines d’euros: les tarifs de FontYou étaient notoi­re­ment abordables. Ce n’aura pas été non plus faute d’avoir employé tout l’arsenal des méthodes de dévelop­pe­ment propres aux startups: levées de fonds, kicks­tar­ters, dévelop­pe­ments agiles, pivots et promo­tions. Dommage.

Artis­ti­que­ment, FontYou aura pourtant tiré tous azimuts, et pouvait se targuer de détenir un des plus gros catalogues de carac­tères numériques français. Depuis, l’ex co-fonda­teur Gregori Vincens a créé une nouvelle société, Black­Foun­dry, sur un modèle de fonde­rie plus tradi­tion­nel, et a placé un ancien du cru à la tête de celle-ci: Jérémie Hornus. Il est donc probable que la fonde­rie soit davan­tage adossée à l’agence de commu­ni­ca­tion 4uatre qu’à l’époque FontYou, où les deux struc­tures se défen­daient d’une telle conni­vence. En prime, le catalogue de FontYou a été tout simple­ment trans­féré à Black­foun­dry il y a quelques mois déjà, au risque de créer une petite confu­sion. En atten­dant que Black­Foun­dry lance sa propre plate-forme de vente (en réemployant les techno­lo­gies dévelop­pées chez FontYou?), les utili­sa­teurs devront donc se tourner vers les anciens concur­rents de FontYou (MyFonts, FontS­pring, FontShop) pour acqué­rir leurs licences.

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