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Affiche Didot

Fraîche­ment diplômé de l’uni­ver­sité de Reading après avoir soutenu une thèse sur la ‘typogra­phie moderne’, Sébas­tien Morli­ghem, déjà auteur d’une confé­rence sur les Didot au mois d’avril, organise les 16 et 17 octobre prochain deux journées dédiées à l’his­toire de cette illustre famille, en parte­na­riat avec les Biblio­thèques d’Amiens Métro­pole et l’École Supérieur d’Art et de Design d’Amiens, où il est égale­ment ensei­gnant et coordi­na­teur du post-diplôme Typogra­phie & Langage. Les confé­rences auront lieu à l’amphi­téâtre Robida, au sein de la DRAC Picar­die et seront animés par des histo­riens, des chercheurs et des profes­sion­nels inter­na­tio­naux, recon­nus dans le domaine de la typogra­phie, qui se sont intéres­sés aux multiples aspects de l’œuvre des Didot. Ce colloque accom­pagne une exposi­tion qui aura lieu du 14 octobre au 15 novembre 2014 à Biblio­thèque Louis Aragon à Amiens :

« La famille Didot, dont les membres les plus illustres sont impri­meurs, éditeurs, libraires, graveurs et fondeurs de carac­tères, papetiers mais aussi techno­logues et érudits, impose sa marque pendant trois siècles dans l’univers du livre, de l’imprimé et de la typogra­phie. C’est notam­ment dans ce domaine qu’ils provoquent, en plusieurs phases succes­sives, de profonds change­ments dans les formes des carac­tères, alors toujours tribu­taires de celles de Claude Garamont et de Pierre-Simon Fournier. Après 1800, cette typogra­phie “moderne” supplante l’ancienne dans un contexte de renou­vel­le­ment sans précé­dent qui touche simul­ta­né­ment le Royaume-Uni ou l’Italie et domine la majeure partie du XIXe siècle. 

Plus de deux cents ans après leur intro­duc­tion, les carac­tères typogra­phiques des Didot connaissent un regain d’intérêt. Le propos de cette exposi­tion, couvrant la période de leur appari­tion et de leur dévelop­pe­ment, est de présen­ter la sélec­tion la plus repré­sen­ta­tive de ces carac­tères, tels qu’ils ont été employés dans les propres ouvrages et spéci­mens de leurs créateurs. Cette exposi­tion montre par ailleurs leurs plus récentes recréa­tions et inter­pré­ta­tions numériques. »

Programme complet des confé­rences :

Jeudi 16 octobre 2014

9h30 — Accueil du public

10h — Geneviève Guille­mi­not — Jeanne Veyrin-Forrer et le renou­veau des études typogra­phiques en France

Au début des années 1960, Jeanne Veyrin-Forrer, alors conser­va­teur à la Réserve du dépar­te­ment des impri­més de la Biblio­thèque natio­nale, a fait entrer l’étude de la typogra­phie, et tout parti­cu­liè­re­ment celle des Didot, dans le champ de la recherche érudite en France en combi­nant l’exa­men des spéci­mens typogra­phiques et des ouvrages origi­naux avec les sources d’archives. Elle a été notam­ment influen­cée par les travaux de chercheurs anglo-saxons qui avaient abordé ce domaine depuis plusieurs décen­nies.

11h — Sébas­tien Morli­ghem — Les Didot et la typogra­phie moderne : histoire d’une recherche

Auteur d’une thèse intitu­lée The ‘modern face’ in France and Great Britain, 1781–1825: typogra­phy as an ideal of progress et soute­nue en mai 2014 au Dépar­te­ment de typogra­phie et commu­ni­ca­tion graphique de l’université de Reading, Sébas­tien Morli­ghem revien­dra sur cette expérience de recherche, en retra­çant le parcours des Didot en regard d’un contexte histo­rique parti­cu­liè­re­ment riche en boule­ver­se­ments techno­lo­giques, esthé­tiques, mais aussi politiques et écono­miques.

12h — Pause déjeu­ner

14h15 – Paul Barnes (confé­rence en anglais) — Les carac­tères Didot et modernes pour le design édito­rial et la mode

Les domaines du design édito­rial et de la mode sont dominés par des carac­tères modernes forte­ment contras­tés, et encore davan­tage par un style « français » illus­tré par les Didot et leurs émules. Paul Barnes décrira comment un petit nombre de graphistes émigrés européens (Dr Mehemed Agha, Alexey Brodo­vitch et Alexan­der Liber­man) ont importé et popula­risé ces carac­tères dans les années 1930. Plus tard, William Golden choisira le style Didot pour l’identité visuelle de la chaîne de télévi­sion CBS, tandis que Jonathan Hoefler en créera une nouvelle version au début des années 1990 pour le magazine Harper’s Bazaar. Barnes présen­tera son travail de réinven­tion du style Didot avec Chris­tian Schwartz pour le magazine Vanity Fair.

15h30 — Gerry Leoni­das (confé­rence en anglais) — Les carac­tères grecs de Firmin Didot : une magis­trale inter­pré­ta­tion à l’héritage durable

Gerry Leoni­das souli­gnera dans un premier temps comment les carac­tères grecs de Firmin Didot ont repré­senté une moder­ni­sa­tion décisive de l’écriture grecque, en compa­rai­son avec ceux de ses prédé­ces­seurs immédiats (Wilson, Basker­ville, Fournier) et de ses contem­po­rains (Bodoni). Dans un second temps, il expli­quera comment ce style a survécu et est devenu une référence de premier ordre pour la typogra­phie grecque, conti­nuant à inspi­rer des revivals contem­po­rains.

17h — Visite de l’exposition Les Didot et la typogra­phie moderne (1782–1819) à la Biblio­thèque Louis Aragon

 

Vendredi 17 octobre 2014

10h – Sébas­tien Morli­ghem — Les premiers carac­tères des Didot (1781–89)

Les frères François-Ambroise et Pierre-François Didot, tous deux impri­meurs et éditeurs, ont initié les prémisses d’un change­ment radical dans les formes des carac­tères typogra­phiques en décidant de créer leurs propres fonde­ries. Une atten­tion parti­cu­lière sera portée au travail de leurs graveurs de poinçons respec­tifs, Pierre-Louis Vafflard et Jean-Baptiste-François Gérard, ainsi qu’à celui d’Henri Didot, fils de Pierre-François, dont l’importance et la variété méritent d’être remises en évidence.

11h15 — James Mosley — Pierre & Firmin Didot et l’Imprimerie impériale

Après avoir présenté l’évolution des carac­tères de Firmin Didot depuis ses débuts en 1783, James Mosley évoquera parti­cu­liè­re­ment le « Didot milli­mé­trique », une série que Firmin créa au début des années 1810 pour l’ancienne Impri­me­rie royale, devenue impériale après le sacre de Napoléon. Il revien­dra par ailleurs sur d’autres aspects des relations des frères Didot avec cet établis­se­ment, notam­ment l’installation de Pierre dans les anciens locaux de l’imprimerie au palais du Louvre à la fin du XVIIIe siècle.

12h30 — Pause déjeu­ner

14h30 – François Rappo — Moder­nité et ambiguïté : la typogra­phie de Pierre Didot (1812–19)

Pierre Didot a développé avec le graveur de poinçons Joseph Vibert une nouvelle série de carac­tères romains et italiques dans les années 1810. Par une présen­ta­tion du spéci­men de sa fonde­rie, de ses éditions contem­po­raines et d’autres, ultérieures, par des compa­rai­sons histo­riques et contem­po­raines, François Rappo propose l’hypothèse suivante : qu’il s’agit là de la recherche plus spéci­fique d’un carac­tère de texte qui explo­re­rait une autre « esthé­tique » de la lecture que les carac­tères de Firmin Didot, davan­tage associés au classi­cisme. L’aspect peut-être délibé­ré­ment anachro­nique de cette hypothèse sera souli­gné.

15h45 — Loïc Sander — Des Didot au Trianon : un air de famille

Les carac­tères des Didot ont d’abord servi le livre et le texte. Aujourd’hui, il est bien diffi­cile de trouver un Didot numérique qui puisse survivre à un dur labeur. Ce style n’est plus défini que par son contraste et ses lettres sont devenues trop raffi­nées pour assurer une lecture confor­table. Pourtant, des livres passés — et agréables à lire — rapportent qu’il est possible de compo­ser de longs textes avec des types Didot. C’est dans un de ces livres qu’est née l’idée du Trianon : d’abord carac­tère de labeur, puis famille conçue en hommage aux varia­tions et aux héritages de la typogra­phie moderne française.

17h — Clôture

L’exposition et les confé­rences sont organi­sées par les Biblio­thèques d’Amiens Métro­pole et l’École Supérieure d’Art et de Design d’Amiens. Elles bénéfi­cient du soutien du Minis­tère de la Culture et de la Commu­ni­ca­tion.

 

Exposi­tion du 14 octobre au 15 novembre 2014
Biblio­thèque Louis Aragon, 51 rue de la République, 80000 Amiens

Confé­rences le jeudi 16 et le vendredi 17 octobre 2014
Minis­tère de la culture — DRAC Picar­die, 5 rue Henri Daussy, 80000 Amiens

 

Réser­va­tions obliga­toires :

Biblio­thèque Louis Aragon
Gisèle Lamen­din
g.lamendin@amiens-metropole.com
tel : 03 22 97 10 10
http//bibliotheques.amiens.fr

École Supérieure d’Art et de Design
Sébas­tien Morli­ghem
s.morlighem@gmail.com
www.esad-amiens.fr

Illus­tra­tion de l’article : Détail d’une page de titre de l’ouvrage de Charles Percier et Pierre-François-Léonard FontainePalais, maisons et autres édifices modernes dessi­nés à Rome, publié par Pierre Didot après 1803, et visible dans le cadre de l’expo­si­tion à la Biblio­thèque Louis Aragon, dont il est issu des collec­tions.

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