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Le projet des artistes Olivier Mosset et Jean-Baptiste Sauvage se déploie sur plusieurs années. Mécènes du sud Aix-Marseille qui réunit 45 entre­prises s’associe à l’eac. pour copro­duire cette exposi­tion qui inter­roge les diffé­rents champs de produc­tions des signes relevant tout autant de la publi­cité et du graphisme que de la peinture et de l’architecture.
En écho à son travail de peintures in situ, l’artiste marseillais Jean-Baptiste Sauvage a associé Olivier Mosset à ce projet multiple, fruit d’affinités artis­tiques et d’envies communes de peinture.
En 1967, le lance­ment de la marque Elf sur le terri­toire français a donné lieu à une campagne publi­ci­taire inédite : pendant 15 jours des ronds rouges de plusieurs mètres de diamètre étaient visibles aux abords ou sur les futurs empla­ce­ments des 4 200 stations-service de cette nouvelle marque. Olt était le nom de substi­tu­tion à Elf pour effec­tuer les diffé­rents essais graphiques.
Le projet des deux artistes relève d’une archéo­lo­gie contem­po­raine. Partant à la recherche des vestiges encore existants de cette campagne publi­ci­taire, les deux artistes inter­rogent les prota­go­nistes du projet origi­nel (Jean-Marc Chaillet, direc­teur commu­ni­ca­tion de la marque à l’époque et Alain Boisnard, réali­sa­teur d’un flm publi­ci­taire), archivent et réalisent des peintures in situ sur une station-service près de Valence puis une autre sur la natio­nale 7 axe routier histo­rique vers la Méditer­ra­née.
L’Espace de l’Art Concret est un centre d’art doté d’une collec­tion d’art abstrait, unique en France, la Donation Albers-Honeg­ger. Cette dernière, classée Trésor natio­nal, réunit plus de 600 œuvres sur un siècle de création repré­sen­tant les diffé­rents courants de l’abstraction géomé­trique. La collec­tion perma­nente compte plusieurs œuvres d’Olivier Mosset, notam­ment un Cercle noir de 1969.
Cette œuvre appar­tient à la série histo­rique peinte par l’artiste entre 1966 et 1974. L’artiste peint au centre d’une toile blanche de 100×100cm, un cercle noir parfai­te­ment neutre, dont la présence énigma­tique fait perce­voir comme peinture un objet visuel minimal. Huit ans durant, Olivier Mosset repro­duit, quelque deux cents fois ce cercle, question­nant ainsi les notions d’originalité et d’unicité liées à l’œuvre d’art. Répété de toile en toile, ce cercle prend valeur de logo, renvoyant, au-delà de la réalité visible des peintures, à la présence invisible du peintre. Avec ses cercles noirs peints au centre d’une toile blanche carrée, Olivier Mosset donne sa version du degré zéro de la peinture, ambition affchée du groupe BMPT (Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmen­tier et Niele Toroni) dont le manifeste « Nous ne sommes pas peintres » est contem­po­rain de la campagne d’Elf Les ronds rouges arrivent.

01 avril — 05 novembre 2017
Vernis­sage le samedi 1er avril à 11h
Commis­sa­riat : Fabienne Grasser-Fulchéri, assis­tée de Claire Spada
Autour de l’exposition, l’Espace de l’Art Concret organise plusieurs rendez-vous : visites guidées, projec­tions et visites parents/​enfants.

Espace de l’Art Concret
Centre d’art contem­po­rain / Donation Albers-Honeg­ger
Château de Mouans 06370 Mouans-Sartoux

Jean-Baptiste Sauvage travaille quant à lui depuis quelques années sur une série de peintures dans l’espace public. Il questionne la force de la peinture publi­ci­taire en tant que signal: disque blanc sur un carré rouge, disque jaune sur fond bleu… Ses réali­sa­tions prennent place dans diffé­rents lieux, qu’ils soient insti­tu­tion­nels comme la palis­sade de Niek van de Steeg à Lyon, ou dans l’espace urbain à Marseille et Los Angeles.

Ainsi, le projet Olt s’inscrit tout autant dans une relec­ture de l’abstraction que dans une réflexion plus large englo­bant diffé­rentes pratiques telles que : peinture, graphisme, design et archi­tec­ture… réflexion propre à la philo­so­phie de l’Art concret.

Il apparaît donc logique que l’eac. accom­pagne ce projet dont l’exposition mettra en lumière ses aspects protéi­formes. Ainsi seront présen­tés des archives origi­nales (photo­gra­phies, esquisses, documents), de même que des vestiges de la campagne publi­ci­taire (stations-service réhabi­li­tées et trans­for­mées en lieu d’habitation, traces des peintures…). Ces éléments feront écho à des œuvres histo­riques et récentes d’Olivier Mosset mais aussi aux wall-paintings que réali­sera Jean-Baptiste Sauvage dans les espaces du Château. L’exposition mettra en perspec­tive ces multiples allers-retours entre les diffé­rents champs de produc­tion des signes entre 1967 et 2017.

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