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Cette édition des Rencontres de Lure fut l’occasion de célébrer les 60 ans de l’association. Beaucoup de belles inter­ven­tions, une semaine studieuse et décon­trac­tée en même temps, pour ce qui consti­tua un très bon cru!

Rien que le cadre fait du petit village isolé de Lurs-en-Provence un incon­tour­nable. Diffi­cile de décrire ce qui fait la spéci­fi­cité d’un tel événe­ment; outre l’évident apport intel­lec­tuel et réflexif, c’est sans nul doute le côté instan­ta­né­ment familial et l’étrange conni­vence amicale a priori qui fait de chaque session d’été un moment spécial. Les déjeu­ners et dîners, pris en commun en réfec­toire, parti­cipent aussi à la camara­de­rie débon­naire et décom­plexée propre aux bonnes confé­rences typo. Après l’apéro tradi­tion­nel d’inauguration, le fameux coup de bleu, ne reste donc que le coup de blues, moment de clôture et de retour sur la semaine écoulée.

Que se passe-t-il donc entre temps? On aura vu, en vrac, des démons­tra­tions inopi­nées de gravure lapidaire, des collages d’affiche plus ou moins (à la) sauvages, des hybri­da­tions typogra­phiques, un bal «portna­wak» en plein air, des débats sur la termi­no­lo­gie du vocable profes­sion­nel, des jeux de pétanque, de la calli­gra­phie dans les carnets, sur les écrans, en direct, des exposi­tions de typo, des sciences cogni­tives appli­quée à la lecture et/​ou son appren­tis­sage, de la philo­so­phie de l’image, des prises de bec et des rabibo­chages, des soirées diapo, des fontaines, des cascades, des lacs, un gâteau d’anniversaire, des apéros, des apéros, des apéros. Une mention spéciale à Olivier Nineuil pour avoir ouvert quelques-unes des 9000 pages de ses carnets entre­te­nus depuis 25 ans au cours d’une confé­rence-fleuve hypno­ti­sante. Il fallait y être! C’est le cas de Loïc Sander, qui écrit:

Les Rencontres de Lure, c’est chaque fois un anniver­saire. Mais par amour des comptes ronds, on aime utili­ser les dates décen­nales comme prétexte à rappe­ler les origines, revenir aux sources et se souve­nir que sans reposer sur les épaules des géants, nous ne verrions pas très loin. Que l’édition 2012 des rencontres – le soixan­te­naire – soit intitulé Corps Neuf aurait pu paraître anecdo­tique. Chaque année, il est question des choses qui ont été, sont et seront nouvelles, des évène­ments qui ont marqué, marquent et marque­ront le change­ment; c’est ce qui semble être la raison d’être des Rencontres. Pourtant, la saveur parti­cu­lière de ce soixan­te­naire tenait bien à la présence animée d’une jeune garde grandis­sante. Après quelques décen­nies de calme, la création typogra­phique française sort de sa torpeur et quoi de mieux qu’un réveil en dévoi­lant son corps neuf au soleil. Cet anniver­saire des Rencontres était fait d’hommages respec­tueux aux anciens, de décou­vertes et d’expositions, anciennes et actuelles, du soupçon d’impertinence indis­pen­sable et de recherches et travaux propo­sés par ceux qui seront sans doute les géants de demain.

Les esprits de Giono, Vox, Excof­fon, Blanchard, Baudin et des autres flottent en perma­nence. En rentrant chez soi, d’aucuns se seront requin­qués, remoti­vés et regon­flés à bloc par de nouvelles rencontres et pour de nouveaux projets. Ce qui ne gommera malheu­reu­se­ment pas la passa­gère et douce-amère mélan­co­lie façon «retour de colonie de vacances».

À ne pas manquer l’année prochaine, donc! Si la session des Rencontres de Lure dure une semaine, il est possible de ne venir qu’un jour ou deux, une possi­bi­lité pour les indécis dont il n’est pas fait mention sur le site officiel. Le programme détaillé de la semaine n’est malheu­reu­se­ment jamais annoncé à l’avance (à revoir!) ce qui incite au passage à l’improviste, en voisin.

Les quelques photos qui suivent sont de Bettina Müller, Loïc Sander, David Lemon­nier, Nicolas Taffin, Juliette Bibasse. Vous y étiez? Libre à vous de parti­ci­per et de complé­ter en textes et en images.

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